Curieuse langue française _et prophétique_ qui fait commencer l'amour comme la guerre, par une déclaration -Simard

Curieuse langue française _et prophétique_ qui fait commencer l'amour comme la guerre, par une déclaration -Simard
(Image : Italie, Tivoli, Villa Hadriana, Bassin du Poecile)




It was a really cold night. The moon was full and lit the Manor With No Name, called in this way for it had been deserted for so many years that no one remembered whose it was, and in those days every thing had to be named...
So, The Manor With No Name was the highest manor surrounding, and also the creepiest, because of its gothic architecture and its dismal gardens, filled with black weeds that climbed along the stones, along the gloomy sculptures, along the dead hedges, along the crooked trees and the stunted counterfoils...
And all of a sudden, hysterical screams broke the silence that was ruling over the place. They were coming from the inside of the Manor. And more precisely, from the First Living Room.
It was a huge room that was used to give sumptuous receptions, and that was lavishly decorated : heavy curtains of an elegant maroon velvet, luxury sofas with legs of massive gold, precious panelings and hangings of a costly and brilliant silk...
And in the middle of the room, between the priceless japanese low table and the gorgeous Morrocan carpet , a woman was yelling. She was tall and thin and had perfect platinium blond curls and a furious grimace on the corner of her fleshy scarlet mouth. And her screams were just out of place... Indeed, she was cursing at a man_ who was completely becoming bowed_ saying :

« WHAT ? WHAT THE HELL HAVE YOU DONE ? I...I just can't believe it... I WILL CUT YOU INTO PIECES, I WILL TEAR YOU TO RIBBONS, I WILL GIVE YOU A SOAK INTO SULFURIC ACID...I WILL GOUGE YOUR EYES OUT, I WILL... I WILL EMASCULATE YOU ! I SWEAR ! YOU WILL SUFFER »

At the end of her speech, the man who hadn't ceased moving back, collapsed face down on the carpet, killed outright. Poor guy...He had a heart condition...


_ "STOOOOOOOP ! Nice stuff, you guys ! This scene was perfect, just... Thanks... So, now..."

The "dead" man got p, dusted his black coat and smiled to the woman. He told her :

" Phew ! I would not have loved to do it just one more time... Oh! I wanted to say that you were really great !
- I know, Phil... It's why I am an actress...
- You are right...
- As always..."



# Enviado el miércoles 14 de enero de 2009 15:57

Modificado el lunes 09 de febrero de 2009 15:20

Idylle

Idylle
(Image : Vicky chez Mamie)

C'est incroyable


On dirait qu'on serait des grands. On aurait une grande maison, en pierre avec du lierre partout, et des pivoines toujours rouges. On serait en hiver, et on verrait la neige tomber. On pourrait faire toujours des bonhommes de neige, et on serait tout trempés, mais on serait pas malade aprés.
On dirait qu'on serait bleus. On aurait les cheveux violets, la peau turquoise et les yeux vert bouteille. On aurait huit jambes, comme ça on pourait courir plus vite. On aurait vingts doigts, comme ça on pourrait faire plus de chatouilles. On aurait trois bouches, comme ça on pourrait manger plus de crèpes. Et on aurait sept yeux, comme ça on pourrait tout voir.


On dirait qu'on serait toujours heureux et que ça ne changerait jamais.



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# Enviado el domingo 16 de noviembre de 2008 08:04

Modificado el domingo 30 de agosto de 2009 07:08

D'ombres et de pluie

D'ombres et de pluie
(Image : Arizona)



Il pleut. Est-ce que le ciel est triste autant que je le suis ? La Terre est un désert, un désert ocre qui s'assombrit au rythme de mes pas. Un désert stygien que rien ne sillone qu'une route tortueuse qui décline un éventail de gris jusque dans l'infini. Et moi dessus. Tâche blanchâtre dans un chaos d'orage et de métal... Et la route qui s'étire, s'étire... Et le ciel si bas sur mon crâne trop rond, qui pèse, pèse, pèse... Point d'Atlas ici, ni d'enfants égoïstes munis d'arbres séculaires trop pointus... Et mes épaules qui se voûtent, et ma voix qui se déchire entre deux vertiges, et mes yeux qui pleurent du mercure, perlant goutte à goutte sur l'asphalte tremblant.

Mes pas s'enchaînent. Mécaniques, automatiques, et mon c½ur comprimé dans la geôle de mon corps, se tord et s'essore. Le pétrole imbibe mes vêtements, se mélange à mes larmes et gorge le sillon retors qui serpente entre les ruines obscures. Poussièreuses. Eris, laisse-moi sortir de sous tes griffes et quitter ta demeure. Le bitume élastique engloutit la distance et l'horizon ne se rapproche pas. Et la chape de plomb sur ma tête qui ne s'obcurcit pas. Est-ce que la nuit est tombée, est-ce que j'ai seulement avancé ?

Le désert n'existe plus. Des murs de pierre m'enferment dans un univers sans couleur. Trop étroit. Ma vue s'enfume et mon c½ur s'étrangle. Ma gorge cesse de battre et mon odorat se voile. Ai-je la tête à l'envers, ou sont-ce mes pieds qui cherchent à voler ? Est-ce ma peau qui bourdonne, ou sont-ce mes oreilles qui transpirent ?

Il pleut. Et sous le halo argenté, des ombres fantasmagoriques rougeoient un instant et s'éteignent celui d'après. Et leur vue sibylline m'effraie et redouble mes larmes. Le mercure bouillone. Et l'air soudain devient plastique. Je ne suis plus qu'un reflet déformé sur une eau trouble et mouvante. Mes membres sont sans consistance. Pourtant le ciel pèse toujours sur ma nuque stricte et fléchie. A mes pieds, des bouchons visqueux couleur de cimetière qui m'engluent et fondent ma peau en un tas de cire fade et délavé.

Il pleut. La Terre est un désert. Un désert ocre qui m'étouffe et m'enferre, et qui veut que je marche seule sur une longue route. Déclinant à l'infini un éventail de gris. Gris orageux, gris métallique, gris cadavérique, gris macadam, gris infini
...



# Enviado el domingo 15 de marzo de 2009 15:53

Modificado el viernes 25 de septiembre de 2009 12:38